« Respire », joyau sous apnée

26.11.2014
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C'est l'histoire d'une histoire d'amitié dont le ciel bleu vire à l'orage.
Charlie est en terminale quand Sarah arrive dans sa classe. 

Sarah est belle, drôle, exubérante. 
Short en jean un peu trop court, dentelle transparente et manteau de baroudeuse, yeux clairs et cheveux d'ange : Sarah, c'est l'amie qu'on veut toutes avoir ; c'est la fille qu'on veut toutes copier.
Tout de suite, Sarah fascine la douce et timide Charlie.

Dans cette pépite cinématographique, il y a des scènces de toute beauté qui auraient pu être ridicules (insuffler une violence terrible quand l'un des personnages est déguisé en panda, quand même), qui sont au final d'une beauté dure, pure et rugueuse.

Il y a la beauté des deux jeunes filles aussi. Joséphine Japy, des traits fins, un minois de félin en danger, qu'on a envie de prendre dans ses bras et à qui on voudrait crier très fort "Sauve-toi le plus vite possible". 

Celle qui impressionne je trouve, c'est Sarah, dit Lou de Laâge. Difficile de faire la distinction, pour moi elle est désormais Sarah, diamant noir, beauté sauvage, coeur froid et triste, magnifique à haïr.

Je crois qu'on a tous connu une Sarah. Une fille sûre d'elle, mordante et méchante et tirant du plaisir à l'être. Et paradoxalement adorée de tous. 

Il y a cette fin (et on n'en dira pas plus).

Et puis il y a des couleurs. Ces couleurs qui donnent une lumière particulière au film, un éclat singulier qui reste dans l'imaginaire longtemps après sa fin. Le marteau c'est rouge, "Respire" c'est gris tempête, pastels délavés et noir profond.

Respire c'est le glissement inexorable vers le sombre, l'opaque. "Respire", c'est la victime et le bourreau, le bourreau victime, c'est le sol qui court après le la, c'est le doux et dur souvenir des amitiés trop belle trop fortes trop vite, c'est beau et violent à la fois.

Et rien que ça, ça mérite bien qu'on aille se poser une heure et demie devant un grand écran.

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