Le temps et l’oisiveté

26.07.2013
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Le temps est un bien précieux, peut-être le seul dont on ne peut estimer la valeur. Mais depuis quelques dizaines d'années, le temps s'est divisé au quotidien : un temps de travail d'un côté et un temps libre de l'autre.

Chez les sages grecs, seul le temps de loisir "scholè" en grec puis "otium" en latin (ce qui a donné "oisiveté”) était considéré comme un temps de richesse pour l'Homme. Apprendre, lire, dessiner, flâner, découvrir … Mais ce temps était réservé à une élite, aux Hommes libres.

Depuis, grâce aux progrès sociaux, aux congés payés, aux 45, 40, 39 puis 35 heures, le temps libre est apparu pour tous dans la société. Puis, aussi vite, une multitude d'activités pour le combler. Jetez un oeil dans le métro ou dans le bus autour de vous : vous ne verrez que les fronts de vos voisins, plongés dans leur smartphone.

Toute cette folie active me dépasse un peu. Un enfant doit absolument "faire" quelque chose, un sport, ou autre chose. C'est la course au mercredi. Comme si une heure à dessiner, à inventer une chorégraphie dans sa chambre ou à se créer des histoires imaginaires était une heure perdue. Personnellement, je ne suis jamais aussi heureuse que lorsque j'ai de longues heures devant moi et rien de planifié. 

Le bonheur d'un dimanche entier consacré à plonger dans un bon livre, d'un bain de plusieurs heures, de quelques minutes à regarder autour de soi, sentir le soleil sur sa peau, à juste profiter de l'instant présent : pour moi, ça n'a pas d'égal.  

Quand elle est choisie, l'oisiveté ne devrait pas être perçue comme quelque chose de négatif.

Le minimalisme, c'est aussi retrouver du temps. Du temps à s'accorder pour faire quelque chose … ou pour ne rien faire.

 

Source Photo(s) : Le Retourneur de temps d'Hermione Granger

2 Commentaires:

  1. C'est difficile aussi de dire stop quand la vie va à 100 à l'heure. Pourtant une fois que l'expérience à réussi, que l'on dispose d'une autre mesure du temps, le stress et l'agitation frénétique quotidienne deviennent presque insoutenable. – Retour difficile à "la réalité" après un mois déconnecté, surotut du PC.

  2. Tu as bien raison…L'oisiveté n'est pas mère de tous les vices comme on a voulu nous le faire croire ! Il faut parfois arrêter le moteur et le laisser se reposer pour repartir de plus belle…

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